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Jamais l’histoire franco-algérienne n’a été thème d’autant de romans sortis en une rentrée littéraire française que cette année 2009. En effet aussi bien l’histoire de la colonisation, d’avant 1900, que celle récente, qui a marqué la seconde moitié du 20ème siècle, de la décolonisation n’ont été sujets d’un si grand nombre de textes romanesques. Une des raisons, qui s’avère unique source de cet engouement, existe et est bien l’influence du présent politique.
On connaissait par contre depuis longtemps, et pour les deux communautés, nombreuses œuvres cinématographiques et théâtrales bien sulfureuses pour les esprits campés par la « Nostalgérie » ou bien « l’Algériologie ». Et c’est dirait-on un peu de l’inspiration strictement franco-française que cette récolte millésimée 2009, a extrait ses sujets, ses trames, ses fictions et ses réponses.
Dernièrement une loi, visant à inculquer à la marmaille de l’Hexagone à travers le système scolaire français les bienfaits de la colonisation, a créé un regard des élites vers la conscience collective des français. Est-elle le jalon de l’arrivée de tant de romans ? Les tortures, les razzias et l’oppression colonialistes sont des affres que les falsifications n’arrivaient à jamais d’habiller en d’autres couleurs que celle du malheur. Dès lors que la législation controversée, d’ailleurs préconisée par l’actuel président Mr. Sarkozy, a mobilisé les tenants du« bienfait historique » de marquer le revers français, par le fait d’avoir accordé comme vaincue de l’indépendance accordée à l’Algérie, comme une expérience constructive… Les plumes semblent répliquer !

Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia, est retenu dans la première sélection du Prix Goncourt 2009. Cette dernière comporte 14 œuvres qui doivent subir un nouvel tri le 6 octobre.
Pour les algériens, le cinéma a été un support qui a largement véhiculé l’épopée glorieuse avec de nombreuses bandes dont "Chronique des Années de braises" de Mohamed-Lakhdar Hamina et La « bataille d’Alger » qui retrace la guérilla urbaine d’Ali Lapointe de l’italien Gillo Pontecorvio. Et en France "RAS" d’Yves Boisset a, parmi nombreux films, de son côté placé l’auscultation de la tragédie des jeunes appelés, pendant que le FLN menait sa tâche historique de libération, dans l’observatoire de la mémoire trouble.
Ces 2 films ont développé l’idée que De Gaulle savait avait ouvertement dite, que ces algériens, sous-citoyens d’un département numéroté avec ceux de l’Hexagone, sont une population avec son territoire jamais assimilables à la France.
De même que pour le 4ème art, le théâtre des 2 rives n’a pas lésiné de livrer des créations sur cette communauté de destin bien appropriée dans de cycles récidivant par les violences, pour apporter nombreuses pièces. Dont « Les paravents » de Jean Genet avec les 2 de Kateb Yacine « Le cadavre encerclé »et « Les ancêtres redoublent de Férocité », sont principalement les premières à faire le procès fictionnel et critique de la colonisation, en plastifiant par des spectacles scéniques le droit du peuple algérien à l’autodétermination.
Mais pour la fiction du roman, cette année s’avère être d’une bonne moisson. Cette littérature livresque dépasse quantitativement désormais celle de l’essai. Qui malgré sa richesse inégalée en matière d’écrits par des acteurs de l’époque comme des journalistes (Yves courrière et Henry Alleg) et des scientifiques parce qu’essentiellement universitaires et spécialistes, ainsi des experts motivés de la passion d’appartenance aussi, n’apporte plus que les roman cette année 2009. Ce dernier est maintenant à l’origine du plus grand nombre de parutions (titre) et d’ouvrages.
Le roman n’a pas tellement enfreint au tabou de fouiller la douleur, sans adhésion aux goûts du lectorat qu’il verrait satisfaits de ses propositions. Pourtant chez les grandes maisons d’édition les pieds-noirs détiennent depuis de nombreuses années à postuler, de leurs textes, en racontant principalement le déracinement. Oui le nombre de biographies des anciens d’Algérie sont les premières en nombre à être soumise à publication chez…
1- Le Club des incorrigibles optimistes : Jean-Michel Guenassia, Albin Michel 750 pages ISBN : 9782226193926

2- Le rapt : Anouar Benmalek, Fayard 514 pages ISBN :9782213644493

3- L’Aimé de juillet : Francine de Martinoir, Edition J. Chambon 261 pages ISBN : 9782742785919

4- Des Hommes : Laurent Mauvignier, Edition de Minuit 280 pages ISBN : 782707320759

5- La citerne : Marc Bressant, Edition de Fallois 365 pages ISBN 978-2-87706-693-8

6- La solitude de la fleur blanche : Annelise Roux, 234 pages Sabine – Wespierser Editeur ISBN : 978-2-84805-073-7

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Raymonde Peschard qui porta le prénom de Taous dans le maquis, est née à Alger, en 1927 à Saint-Eugène. Précocement engagée dans l’action politique auprès des plus humbles dès que sa conscience s’éveilla, grâce à un oncle Edouard Peschard. Un communiste cheminot à Constantine qui l’avait adoptée à la mort de sa mère et l’avait aidée à acquérir une formation d’assistante sociale et de femme militante.
Pendant les années 40, elle adhéra au PCA (Parti Communiste Algérien), et avait aussi de forts contacts avec les nationalistes du Vieux Rocher à Constantine. Raymonde se fait rapidement remarquer par les autorités coloniales qui ne tardent pas à la déclarer persona non grata dans les murs de Constantine.
Il y a 52 ans, le 26 novembre 1957, tombait en martyre pour l’indépendance de l’Algérie Raymonde Peschard. Au pied du mont « Tafartaste » (la dégarnie) qui surplombe le chef lieu de la daïra (sous-préfecture) de Médjana, fief d’El-Mokrani un autre grand resistant au colonialisme français en Algérie, du 19ème siècle, au lieu dit « Draâ Er’Rih » (la vallée du vent), elle est achevée par un officier après qu’elle eut été blessée. Tombée dans l’embuscade tendue, sur indications de harkis et autres collabos qui aperçurent le déplacement pédestre du groupe qu’elle conduisait, elle combattu jusqu’au dernier souffle. C’est des paysans qui indiquèrent à l’armée colonialiste, déjà aux aguets et aux abois depuis, déjà 3 années du déclenchement de la glorieuse guerre de libération.
Sa mort ne survient pas dans l’assaut donné par l’armée coloniale mais sa mort survient après être atteinte lors d’un combat qui a duré quelques heures, comme d’ailleurs d’autres membres du groupe. Blessée et capturée, elle ne pouvait supporter de voir ses frères, le docteur Belhocine et Oukmalou Arezki, achevés sauvagement. Devant les corps allongés de ses frères de combat, et malgré ses blessures, Raymonde trouvera le courage de déverser sur les soldats un flot d’injures, les traitants de sauvages, de barbares et de nazis (…). Un officier lui logera alors une balle dans la tête…
Comment elle s’est trouvée avec les 4 médecins à marcher à pieds pour traverser le"Massif des Bibans" (Les portes de fer), puis tomber dans l’embuscade ? Le groupe venant de la capitale Alger, où Raymonde était recherchée et susceptible d’être arrêtée, empruntait le train Alger-Bône (actuellement Annaba). Ils ont été surpris des contrôles qui se répétaient envers eux à chaque gare jusqu’à Bouira. Au niveau cette bourgade aujourd’hui chef-lieu de préfecture, ils se sont renseignés auprès de passagers sur la situattion qui prévaut dans l’Est-algérien, où la guerre s’est déjà installée à partir de la Kabylie et des Aurès.
Les troupes françaises ont été enforcées depuis l’offensive d’août 1955 et les Aurès constituaient une zone presqu’incontrôlable par les français. Et conjointement les membres du groupe ont décidé de quitter le train au niveau de la gare Beni-Mansour (village et ligne de chemin de fer citée par Guy de Mautpassant dans sa fabuleuse oeuvre "Tartarin de Taracson", là où un arrêt est obligatoire pour qu’une partie des voyageurs fasse la correspondance vers B’Gayathe "BEJAIA" (ex. Bougie). Ils devaient delà traverser à pieds le "Massif des Bibans" montagneux donc offrant plus de recoins pour le repos et de cachettes en cas... Mais au niveau de "Tafartas", si on n’escalade pas le mont on est visible, et à son pieds les plaines céréalières, d’ailleurs qui font la renommée de la région dite "Bled Essaba" (Pays du blé) sont presque dénudées et bien plates pour apercevoir le groupe.
La petite unité qu’elle commandait, dans un mouvement de transfert, était en trajet pour traverser l’est algérien. Elle se composait de 4 médecins dont les deux frères Belhocine et Oukmalou Arezki, tous docteurs en médecine, attelés à rejoindre clandestinement la Tunisie où les troupes de l’ALN étaient regroupées, et commençaient à se former et à s’équiper en logistique selon les normes d’une armée professionnelle. Ces troupes avaient d’énormes besoins dont celles d’encadrement divers et ceux médicaux lui manquaient plus. Outre que Raymonde Peschard était une infirmière douée d’un doigtée chirurgicale reconnue, elle avait été remarquée par son grand dévouement comme elle connaissait bien l’est algérien où, Constantine, elle avait vécu et grandi.
Raymonde Peschard qui porta le prénom de Taous dans le maquis, est née à Alger, en 1927 à Saint-Eugène. Précocement engagée dans l’action politique auprès des plus humbles dès que sa conscience s’éveilla, grâce à un oncle Edouard Peschard. Un communiste cheminot à Constantine qui l’avait adoptée à la mort de sa mère et l’avait aidée à acquérir une formation d’assistante sociale et de femme militante.
Pendant les années 40, elle adhéra au PCA (Parti Communiste Algérien), et avait aussi de forts contacts avec les nationalistes du Vieux Rocher à Constantine. Raymonde se fait rapidement remarquer par les autorités coloniales qui ne tardent pas à la déclarer persona non grata dans les murs de Constantine.
C’est ainsi qu’elle réintègre Alger, sa ville natale, où grâce encore à la légendaire solidarité ouvrière et communiste, elle a été recrutée au sein de la société Electricité et Gaz d’Algérie (EGA devenue Sonelgaz à l’indépendance). Elle reprend son action et se retrouve aux côtés de celui qui devient bientôt un héros martyr de la cause algérienne : le communiste Fernand Iveton, le communiste et syndicaliste exécuté à la guillotine à Oran, avec lequel elle entre au FLN en 1956.
En novembre, à la suite de l’arrestation de Fernand Iveton
Raymonde Peschard, une franCo-algérienne illustre martyre, la presse coloniale diffuse sa photo sous le titre : « La femme blonde qui a remis la bombe à Iveton est identifiée ». Peschard se fond dans la clandestinité et monte au maquis, vers le mois d’avril de la même année à la Wilaya. Elle fut une d’abord infirmière, et insiste pour compter parmi ceux qui combattent les armes à la main.
Publié par argotheme à 09:40:46 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
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Après 60 années d’existence, l’Otan élargie à de nouveaux pays, s’enlise dans le nettoyage de l’Afghanistan des hordes intégristes composées de Talibans et des adeptes d’Al-Qaïda. Voila déjà 8 ans que l’opération dans le pays des pachtounes dure. L’alliance semble avertir les européens d’une frappe imminente, visant le vieux continent comme se plaisent les américains à désigner l’Europe, des « djihadistes » de l’islamisme que la CIA (et l’Otan complaisante) a entretenu par le passé. Et qui sont maintenant les seuls les adversaires dans le climat conflictuel qui donne du boulot aux militaires.
Créé en vue d’obtenir le concours d’autres Etats, et d’abord des Etats-Unis et du Canada, au profit de la sécurité des Occidentaux, telle est la motivation originelle de L’Otan. Le déclenchement fut donné par la France et la Grande-Bretagne qui ont signé un traité d’alliance et d’assistance mutuelle, le 4 mars 1947 à Dunkerque. Les 2 pays ont été rejoints l’année suivante par les trois du Benelux (Belgique, Luxembourg, Pays-Bas). La mitoyenneté continentale avec l’URSS ne pouvait, à travers la première vision franco-britannique, résulter que sur le scepticisme idéologique entre deux blocs antagoniques. Deux règnes différents quant à la pratique du pouvoir sur le peuple qui venaient, chacun sur un front tenant en tenaille l’ennemi, de terrasser le fascisme allemand.
L’aboutissement à la signature du traité de l’Atlantique Nord, à Washington le 4 avril 1949, institue l’Alliance atlantique. Dans son article 5, le traité de Washington définit les termes de l’engagement de défense commune, scellé par la création de l’Alliance. Elle comprend alors dix pays européens (Belgique, Danemark, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni), les Etats-Unis et le Canada. D’autres pays se joignent à l’Alliance en 1952 (Grèce, Turquie), en 1955 (République fédérale d’Allemagne), en 1982 (Espagne). Malgré l’absence d’une confrontation directe entre l’est et l’ouest, bien des influences sur le reste du monde ont été ouvertement dans les tactiques d’urgence que l’histoire mettait au devant.
Les stratégies qui ont guidé les longues échéances ont fini par se terminer par le démantèlement du Pacte de Varsovie. Au temps où le socialisme avait son aura, les décolonisations s’inspiraient de la révolution d’Octobre et les mouvements politiques et armés qui les présidaient utilisaient les kalachnikovs. L’élargissement a connu, après le dégivrage de la guerre froide, une nouvelle donne en 1999 avec l’adhésion de la Pologne, Hongrie et République tchèque.
Enfin, lors du Sommet de Prague (2002), l’OTAN invite sept nouveaux pays (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie) qui deviennent aussi membres à part entière de l’Alliance le 29 mars 2004. Mais l’alliance découvre, après ces impulsions lui changèrent de visage, que son rival, l’URSS le leader du bloc adverse a disparu. D’où le début d’un questionnement identitaire lié à la mission : contre qui ?
Al-Qaïda et les talibans dessinent une devanture qui tend à donner sur le monde musulman comme risque de tensions envers les intérêts occidentaux. Si la situation de l’Afghanistan tient le premier plan dans l’échiquier de l’Otan, sa connotation d’opposition entre civilisations est la seule perceptible. En filigrane dans cette distribution, se dresse en arrière plan et en avant-scène, le spectre iranien. Cette quête de trouver l’objectif de l’alliance militariste occidentale, pousse certains nostalgiques à croire croient encore que la Chine est un ennemi potentiel. D’autres plus ancrés dans l’ancienne configuration du monde qui a subi une domination occidentale marquée par l’époque colonialiste, s’en remettent simplement à voire encore la Russie une menace.
Ce pays à qui le fabuleux Poutine a su dégager une forme de pérennité de la conduite du système étatique, évitant le démantèlement de l’Etat-Nation russe ainsi que de la préservation des zones d’influence qui ne soient pas soumises ou membres de l’Otan, reflète que la recherche du maintien de cette domination est de mise. Le conflit avec la Géorgie et l’installation aux frontières russes de missiles et d’équipements balistiques antimissiles américains avec ou sans le cadre de l’Otan, ont donné possibilité pour cette disposition trouve aussi un client éventuel aux armées alliées.
Les pacifistes de part le monde pensent de leur côté que le clash des civilisations est le seul prétexte du système de tensions guerrières actuelles. Comparable à celui qui a, tout récemment avec des mensonges, placé l’Irak en une cible à abattre. Mais c’est un nouvel bastion de terroristes qui a été mis en place. Un fief de « djihadistes » qui peut dans l’avenir être plus dangereux que la nébuleuse Al-Qaïda qui a main-basse sur des tribus afghanes et pakistanaises. Et que l’Otan n’arrive pas à détruire malgré la faiblesse des moyens de cet ennemi.
Publié par argotheme à 13:03:48 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
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Ils doivent leur appellation aux grecs qui instituèrent plusieurs définitions et répertorièrent les entités de leur époque. Tenant une origine du mot Phoenix, couleur pourpre que ce peuple maîtrisait la fabrication à partir des coquillages et utilisait dans ces ateliers, et (ou) associé à Punique.

Publié par argotheme à 14:39:25 dans Actualités | Commentaires (0) | Permaliens
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Aucune musique arabe ou maghrébine n'a pu aller au-delà et aussi loin, des confins de son bercail, comme le Raï. Pour tant de propagation dans le monde, certains critiques ou observateurs le comparent, sine qua non, au reggae. Des refrains nés dans le ghetto de pays dont l'émergence post-coloniale reste à faire.
Il faut déceler que ces deux genres ont eu des parcours similaires. Après avoir vu le monde dans des pays sous-développés et ont été bâtis à partir de patrimoines locaux, leur succès détale à travers les continents de la Terre. Seules les langues diffèrent. La musique qui a distingué le King Bob Marley a le privilège de se chanter en anglais. Le raï, avec sa disponibilité à intégrer, mixer et brasser tous rythmes rencontrés, est fait avec sa langue toute particulière. Celle de la rue dont la richesse poétique a pour source l'oralité qui ne rechigne pas à emprunter des passages entiers des autres langues en suivant le parlé de la rue d'Afrique du Nord.
Depuis plus de décennies déjà, l'audimat, quelques canaux de diffusion et le milieu artistique français qui lui ont permis, chacun selon, une percée innovante. La dernière en date s'est réalisée avec la langue de Victor Hugo et s'appelle « Aïcha. » Chose que pratiquaient les premiers chanteurs et dramaturges populaires de l'Algérie surtout. Les paroliers qui ont le plus utilisés des mots de la langue française, sont ceux du raï classique et contemporain.
Dans le dictionnaire Larousse de 1998, pour la première fois, s'est instaurée une admission dans le vocabulaire et une signification est fixée au mot Raï : « Genre de musique et de littérature moderne de l'Ouest algérien, ouvert sur les autres styles... » A se poser la question, si c'est vraiment une littérature ? Nous dirons surtout ses détracteurs. Que non ! Vous diront tous ceux qui ne le tiennent pas d'une odeur de sainteté. Pourtant la poésie du raï n'a pas d'égal dans la métaphore et la sincérité de ses propos et significations. Tel, le Rap c'est un verbe qui sort des tripes des jeunes qu'on considère pour des laissés pour compte et des désœuvrés.
1ère période :
« Les Cheikhs »
L'avènement du raï
La naissance du raï date du début du siècle clôturant le millénaire qui s'est éteint. Après et pendant la 1ére guerre mondiale, la misère s'est installée comme un vide austère. La crise de 1929 avait longtemps rodé et les stigmates de la guerre sont de profondes plaies et des cicatrices tranchantes. Le « Melhoun »(1) qui était le seul bédouin festif avec lequel s'animaient les soirées et les fêtes auparavant, avait subi un frein. En l'absence de l'opulence qui permettait les méchouis et les nuits où le vin coulait à flots que cette poésie lyrique animait ; l'extinction d'une mode et l'apparition de nouveaux contextes et perspectives historiques, le « Melhoun » séculaire est devenu obsolète.
Les servants de ces « Rave-parties » regroupant, au début les princes des anciennes bourgeoisies berbères, arabes et ottomans, rejoints par les colons, ont été les premiers fondateurs du rai. Des noctambules d'origines européennes et autochtones tenaient de longues soirées sous forme de beuveries ans les grandes propriétés foncières. Les employés sont allés renforcer les ghettos qui se formaient dans les parages des villes, rejoignant les déracinés qui ont perdu leurs terres. Certains sont devenus bergers de maigres troupeaux, préservant leur liberté par le nomadisme. De leurs écoutes des « Cheikhs » du « Melhoun », ils commencèrent à les imiter reprenant quelques vers de la pompeuse poésie du « Melhoun ». Ils adoptèrent une rythmique plus accélérée, moins mélodieuse grâce à des instruments semblables à ceux de leurs maîtres mais aux sons, aux formes et à la manipulation plus légère: « le Nay »(2) et le « Galal »(3). Certainement créés pour la commodité de leurs transferts et sont devenus de prédilection à la suite de raffinements.
Ils ont d'abord été invités à animer des soirées dans les bordels ouverts pour assouvir les besoins sexuels de la soldatesque colonialiste, dont les contingents de célibataires et légionnaires. Et c'est dans ces lieux de perversion qu'ils ont été baptisés aussi les premiers chanteurs du raï en « cheikhs » tels qu'étaient désignés leurs prédécesseurs du Melhoun. C'est la raison du lieu de l'apparition du raï que la mauvaise réputation lui reste une ombre fatale. C'est à dire depuis, on lui enjoint une vulgarité qui l'ait toujours casé dans la précarité et le refoulement.
Cependant du côté instrumental l'accordéon, le violon, la clarinette, la trompette et d'autres encore ont fait leur percée, dans le patrimoine musical du Maghreb.
Comme la venue du raï est incontestablement parvenue à partir du Melhoun, une nouvelle forme du texte le différencie nettement. Sa poésie est élaborée d'une autre manière plus écourtée et déstructurée, glanée d'un passé en partance. La trame générale de son poème s'est mobilisée à exprimer une subversion par rapport aux tabous qui ne plaisent pas aux catégories sociales conservatrices plus attachées à la musique arabo-andalouse que le chaâbi de Dahman ou El-Anka. Le raï a vécu une longue période en marge, telle une sous-culture, des circuits officiels et des cadres culturels établis dans la société et les rouages qui la dirigent.
A partir de ces bordels se sont révélées les premières voix féminines qui ont été invitées à être d'abord les chœurs puis elles ont fait le pas radieux de chanter. L'époque des « Chikhate », la deuxième étape, était venue après environ la décennie préliminaire. Elle reste une transition des plus enrichissantes puisque avec le Melhoun, il n'était pas ainsi. L'absence des chanteuses était quasi totale. Et elles ont marqué à jamais le genre en donnant un travail vocal jouissif, mielleux et suave. Un autre style qualitativement supérieur, par rapport aux genres locaux, duquel le raï ne peut désormais s'en passer, insuffla une flamme de bonheur que seule la culture berbère avait souvent entretenue.
Il faut préciser que cela n'a pas seulement réhabilité ces femmes chanteuses, mais aussi réconforta davantage la mauvaise renommée. Déjà une farouche intolérance de la société traditionnelle, n'arrêtait de l'isoler, elle perdura sans manquer d'argumentaire.
Mais c'est aussi grâce à ses Chikhate que le raï est sortie dans la rue. D'abord commandé par les cabarets où se pratiquait la fameuse danse érotique du ventre, puis les bars et enfin les festins qui s'organisent dans les bas-fonds. L'attirance qu'a eu les voix féminines a rendu populaires beaucoup d'entre elles et en aménagea les premiers enregistrements sur les supports de vinyle noir. Les Cheikhs demeuraient nonobstant, à chanter avec beaucoup de prépondérance.
3éme période : Les Chebs, la Modernisation.
C'est en France aussi que se réfugièrent quelques grands noms du raï pour trouver des conditions de travail très attractives et les moyens techniques adéquats à une modernisation plus poussée. Ils pointèrent dans ce pays où les forces progressistes et de gauche sont de réels militants des cultures diversifiées et non réticentes à l'exotisme, à une époque où la chanson française connaît un reflux devant l'assaut de l'américanisation se fait entendre dans tous les domaines. Des réactions négatives ont tenté de boycotter le raï mais la nécessité a dépassé les entraves. C'était la chance d'en faire des stars et d'assurer une très large diffusion.
Publié par argotheme à 13:55:03 dans Cultute et Arts : Critiques. | Commentaires (0) | Permaliens
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