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« Demander publiquement pardon aux juges sanctionnés par la ministre » , telle est l'exigence de 600 magistrats français à Rachida Dati. Si une telle doléance a pu être formulée, médiatisée et mise en exergue... La nécessité de réformer l'appareil judiciaire semble non seulement une nécessité mais une urgence à déléguer au mieux placé pour la réaliser.
Une beurette chargée de l'une des réformes les plus significatives que connaît la France, voilà qui s'interprète au pays où officie Rachida Dati que le bougnoule s'intègre, comme un haïssable pirate, au regard des pseudo-révélations à son sujet et surtout des doléances qui lui sont adressées et autres contestations qui la visent via le système médiatique et dont les auteurs émettent une suffisance en l'écartement. Combien de fois on l'a vue partante avant l'heure : la sorcière à prendre en chasse ?
Son « bébé de trop » a longtemps tenu, sans être encore né, les unes de la presse people. Une relève gênante en vue ou simple hobbies. Alors que l'éventuel père continue d'alimenter le monde merveilleux, qu'alimentent les succès des personnalités publiques, une admiration à l'affût d'esclandres. La voisine de votre palier, allergique au petit-écran est éprise de lecture des romans de ce qui est la « littérature rose », vous répètera et avec l'éblouissement subjuguant des historiettes de ses livres préférés : combien je rêve que ma vie soit comme celle de l'héroïne du dernier paru : « Un amour en diamants » ? Tel est l'attrait de la presse paparazzi, mais ce profil adoré est réservé, comme disent-ils, aux bons teints. Et quand on y tient la Une, des titres actuellement bien vendus et à fort tirages, par la force des choses qui ne vous oublient pas, le ton réservé à l'indésirable reste pourfendeur.
Dernière des sorties dans ce milieu qui mêle littérature de gare et presse spécialisée « Zidane, une vie secrète ». L'éditeur sur ce fructueux filon dit : « Cette enquête, menée dans toute l'Europe pendant plus d'un an et demi, n'a pas été sans difficultés, comme on sait, puisque deux détenteurs du manuscrit se sont fait cambrioler tour à tour. » Un tel résumé mais résonne comme une dénonciation. Du moins il interpelle juges et flics à la fois. Zizou est un mystère, une proie des plus désirée, pour les arcanes de la plume parfumée de scandales. La fiction semble absente quand on aperçoit la réalité, pourtant impure ? C'est aussi l'intrus dans le paysage public qu'il faut mâter. Le mec issu de l'immigration algérienne, exemple à ses semblables, fait le contraire de Dati en se tenant loin des flashs. L'auteur de l'ouvrage est Besma Lahouri, journaliste indépendante. Habituée aux enquêtes sensibles, avec L'Express où elle a taillé déjà des habits, dans le segment de l'apparence trop médiatique des individus dans la société : la vie des personnalités.
« Demander publiquement pardon aux juges sanctionnés par la ministre » , telle est l'exigence de 600 magistrats français à Rachida Dati. Si une telle doléance a pu être formulée, médiatisée et mise en exergue... La nécessité de réformer l'appareil judiciaire semble non seulement une nécessité mais une urgence à déléguer au mieux placé pour la réaliser.
Pour l'arrestation, en fin de novembre 2008 pour ne citer que le dernier événement, de Vittorio de Filippis, journaliste économique et ancien directeur de la publication du journal « Libération » qui n'a répondu à convocation de magistrat instructeur, c'est elle qui répond, certainement comme représentante de l'exécutif gouvernemental, devant les élus du peuple. Alors que qu'il s'agît de gestes de policiers auxquels sa collègue, qui n'a pas été silencieuse à ce sujet, doit répondre. A se demander si elle sera écoutée au-delà de l'hémicycle, là où le public est à l'écoute ? Si on avait regardé d'abord la prérogative du juge qui a ordonné la procédure, d'où le dédain du journaliste pour les convocations ?
« Affaire de Filippis-Libération : Rachida Dati est-elle digne de sa fonction ? » Voici le titre de ce jour, le 2 décembre, où nos mettons en ligne cet article, d'un confrère qui a trouvé la parade d'être un journal en ligne et d'être le people en vue. Une profession de foi digne mais indigne de « la semaine De l'égalité » (du 1er au 7 décembre) où sont retenues les 170 initiatives locales contre les discriminations pour combattre quelques 18 critères discriminants auxquels s'intéresse la loi. Et la loi a pour gardienne une Dati justement.